LA FIN DU PERIPLE?

Salut les copains, voici un nouvel extrait du bouquin que mon z’humain termine !!!

Bonne lecture

 

 

Notre embarcation s’éloigne du rivage. Au loin, je parviens à peine à reconnaitre Adi, Arco, Moralda et tous nos amis Poupoulous qui nous saluent, sans doute parce que j’ai encore les yeux embués par les larmes de la séparation. Papa et moi sommes partagés dans nos sentiments entre la joie de reprendre notre périple et la tristesse de quitter nos amis.

 

Nous avons très peu dormi. En effet, au village, la fête a battu son plein toute la nuit afin de célébrer la réunification entre les Poupoulous et les Moumoulous. Ce fut, pour nous, l’occasion de remercier chaleureusement tout le monde. Au fond de moi, Je suis heureux d’avoir participé au rapprochement entre ces deux peuples, convaincu qu’ils parviendront à écrire ensemble la suite de leur histoire dans la plus belle harmonie. Je suis heureux aussi d’avoir pu serrer contre moi, une dernière fois, mes nouveaux amis. Nous avons beaucoup pleuré même si nous nous sommes promis de nous revoir car je sais, au fond de moi, que nous nous retrouverons comme si nous ne nous étions jamais quittés. Je suis heureux enfin de rentrer à la maison et d’avoir pu vivre cette merveilleuse aventure au côté de mon papa parce que je n’oublie pas que nous avons failli être séparés à jamais par les flammes du bucher. Ce que je savais déjà est alors devenu une évidence. Lui et moi sommes inséparables comme les doigts de la main…

 

Les côtes ont maintenant disparu, nos amis également. Nous sommes seuls désormais papa et moi au milieu de cet océan majestueux au bleu scintillant.

 

« Dis, promets-moi que nous retournerons un jour saluer nos nouveaux amis… »

« Oui Lewis, je t’en fais la promesse »

« Oh merci, tu es un papounet formidable !!! Tu mérites un bisou »

« Oh monsieur est trop généreux !!! »

« Tu es bête !!! Allez direction la maison maintenant…Tu connais la route dis ? »

« A vrai dire, pas vraiment Lewis mais je pense que nous devrions nous laisser guider par le vent, histoire de voir où il nous amène… »

« J’espère qu’il nous ramène à la maison quand même !!! Tu as entendu mon papa, monsieur le vent !!! Direction la maison !!! Elle te va bien papa la ceinture qu’Arco t’a donnée pour mettre le couteau. Tu ressembles à Indiana Jones comme ça !!!»

 

Assis l’un contre l’autre, nous admirons l’immensité bleue qui se déploie devant nous. Seul le vent, soufflant dans les voiles, brise le calme et le silence. La mer est tranquille et nous avançons rapidement.  Papa me donne des cours sur les oiseaux, il m’explique tout ce qu’il a appris sur les poissons, sur la flore marine. Je n’aime pas l’école d’habitude mais avec lui, j’ai envie d’apprendre et d’apprendre encore…Je me sens particulièrement heureux d’être là avec mon humain et je mesure la chance que j’ai de l’avoir rencontré. Totalement apaisé, je fini par m’endormir, bercé par le mouvement de notre embarcation glissant sur les flots….

 

Ce n’est que quelques heures plus tard que j’ouvre un œil. Papa est endormi à côté de moi. Ses ronflements s’envolent dans le ciel. Je me suis toujours demandé comment des bruits aussi forts pouvaient ainsi sortir de ce corps. Je crois que cela restera un mystère inexpliqué. Je n’entends même plus mon ventre gargouillé. Doucement je m’assieds à côté de lui et j’approche ma tête de son visage. Je pratique souvent cette technique quand il dort, car j’ai entendu dire une fois que lorsque l’on regarde fixement quelqu’un qui ne vous prête pas toute son attention, la personne que l’on fixe fini machinalement par vous regarder et je dois bien avouer que ça fonctionne car il fini toujours par ouvrir les yeux !!!

 

« Lewis, je crois que je ne m’y ferais jamais à ta grosse truffe devant moi quand je me réveille !!! »

« Dis papa, c’est chouette quand même de la part de nos amis de nous avoir donner ce bateau et toute cette nourriture !!! »

« Ah, je me doutais bien que tu ne faisais pas cela de façon totalement innocente !!! »

« Quoi donc ? »

« Me regarder quand je dors !!! Ton regard s’illumine quand tu prononces le mot nourriture, dois-je en déduire que tu as une petite faim ? »

« Oh juste une toute petite !!! »

« J’ai compris monsieur Lewis, je me mets aux fourneaux pour préparer le repas de monsieur Lewis !!! »

 

Pendant que papa s’active à préparer notre collation, j’en profite pour scruter l’horizon, histoire de voir si je n’aperçois pas la maison mais je ne vois rien d’autre que du bleu à perte de vue…Bien que le soleil brille de tous ses feux, la sensation du vent frais dans mes poils est particulièrement agréable. J’ignore l’heure qu’il peut-être mais la position du soleil me fait penser que la journée est déjà bien avancée. C’est papa qui m’a appris à me repérer en fonction du soleil. Avec lui, j’ai découvert qu’il se levait à l’est et qu’il se couchait à l’ouest. Je ne suis pas certain d’avoir tout compris sur son histoire de Zenith en revanche mais je dirais que le soleil doit être au zénith ouest…

 

« Ça avance le repas papa ? »

« Ne sois pas impatient Lewis, ça arrive bientôt »

« Je ne suis pas impatient moi mais mon ventre oui…Oh, mais qu’est-ce que c’est que ça ?»

« Que se passe t’il Lewis ? »

« Je ne sais pas. J’ai reçu des gouttes !!! »

« C’est vrai que toi qui n’aime pas l’eau, tu es servi ici car je te rappelle que nous ne sommes entourés que d’eau !!! »

« Mais enfin !!! »

« Qui a-t-il encore Lewis ? »

« Je me suis encore fait arroser !!! »

 

Je me penche par-dessus le bateau pour regarder d’où peut provenir cette eau qui me mouille et j’aperçois plusieurs poissons s’agiter autour de notre embarcation…

 

« J’ai trouvé qui me mouille papa !!! Ce sont des poissons. Mais ils sont fous ces poissons »

« C’est vrai qu’ils ont l’air bien énervé. Ils sont surement en train de se faire chasser sous l’eau par un poisson plus gros…Allez, à table, le repas est prêt !!! »

 

Mon repas n’est pas de tout repos. Je dois jongler entre les gouttes que nous envoient les poissons fous et mon assiette. Papa s’amuse de la situation car il sait que je déteste l’eau !!! J’avoue qu’après ma dernière bouchée, je suis épuisé d’avoir dû ainsi éviter toutes ces gouttes !!! Bien décidé à râler, Je retourne regarder par-dessus bord mais quelle ne fut pas ma surprise de constater que les poissons sont encore plus nombreux et encore plus agités que tout à l’heure. Ils sautent partout !!! J’appelle papa qui s’approche. Je lui montre les poissons mais il regarde droit devant lui.

 

« Que regardes-tu ? »

« Lewis, terre !!!! » s’écrie t’il

« Ou ça ? »

« Là-bas, droit devant nous, regarde !!! »

 

Il a raison. J’aperçois une multitude de rochers sombres. Nous fixons les rochers pour essayer de voir de quelle côte nous approchons. Les poissons sont maintenant des centaines à sauter devant nous. Papa pense qu’ils sont nombreux parce que la côte est proche.

« C’est la maison papa ? »

« Je ne sais pas Lewis, les côtes sont encore trop éloignées pour… »

 

Il n’a pas le temps de terminer sa phrase que notre bateau penche soudainement sur le côté nous faisant ainsi tomber sur le sol.

 

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Ne bouge pas Lewis !!! »

 

Notre embarcation est de nouveau secouée violemment à plusieurs reprises à tel point qu’un moment, je suis persuadé que nous allons nous retourner tellement les secousses sont de plus en plus fortes. Mais notre embarcation tient bon et se repositionne bien sur l’eau à chaque fois….

 

Cela fait quelques minutes maintenant que les secousses ont cessées. Nous attendons un moment. Je n’ose même plus respirer. Je regarde papa afin de me rassurer un peu mais il parait tout aussi inquiet que moi. Ses yeux ne quittent pas l’horizon face à lui. Les rochers sombres sont proches désormais. Je voudrais parler mais aucun son ne parvient à sortir. Papa se redresse lentement et me demande du regard de ne pas bouger. Je le vois se diriger doucement vers la proue du bateau. Je voudrais lui dire de ne pas s’approcher trop près mais je ne parviens toujours pas à parler. Il tourne la tête dans toutes les directions pendant de longues minutes. Je connais cette tête sérieuse et cela ne me dit rien qui vaille…

 

Soudain, il se fige. J’avale ma salive pour essayer de faire sortir des sons de ma bouche et au moment même où je m’apprête à demander s’il voit quelque chose, il se retourne vers moi affolé en courant et en hurlant « LEWIS ACCROCHE TOI VITE !!! ». La secousse est particulièrement forte cette fois ci. Papa a juste eu le temps de sauter à côté de moi et de m’attraper de toutes ses forces…

 

Je sens la fraicheur de l’eau dans mes pattes. Ma truffe aussi est humide. Que s’est-il passé ? Qui a provoqué cette secousse tellement forte que nous avons perdu connaissance ? Pourquoi ai-je cette désagréable sensation d’avoir traversé un trou noir ? Je tourne doucement la tête. Papa semble endormi à côté de moi. Sa main tient toujours fortement mon harnais. Je tente bien de le réveiller mais rien n’y fait. Son front saigne. L’eau lui caresse le visage. Que lui est-il arrivé ? Pourquoi ne se réveille-t-il pas ? Pourquoi sommes-nous trempés ? Serions-nous tombés du bateau ?  Non, je sens encore le sol de notre embarcation sous mon corps. Trop de questions chamboulent mon esprit. Il faut que je sache. Je décide de relever la tête…

 

Nous sommes allongés sur le bateau…Enfin une partie du bateau semble tout de même, s’être volatilisée et nous penchons fortement. Autour de nous, des planches flottent sur l’eau. La mer a déjà envahi une partie du pont de notre embarcation. Papa bougonne. Le va et vient de l’eau sur son visage a fini par le réveiller. Il commence à bouger. L’obscurité est forte, il fait presque nuit mais je parviens tout de même à voir les rochers sombres proches de nous désormais tout comme ces yeux glaçants fixés sur moi… Des yeux glaçants ? Je sens un souffle froid qui glisse sur mon dos et qui me donne la chair de poule. Des yeux glaçants ? J’entends une respiration forte qui arrive jusqu’à mes narines. L’odeur de cette respiration est nauséabonde. Des yeux glaçants ? Je distingue à peine ce long corps flottant sur la surface de l’eau. Je me dis que ce corps noir et orange qui ondule me parait bien différent du mien. Des yeux glaçants ? Des anneaux blancs énormes forment l’essentiel de ce corps immense. Ce corps me parait d’ailleurs être sans fin. Des yeux glaçants ? mais pourquoi ces trois mots reviennent-ils sans cesse dans mon esprit ? Mes yeux commencent à s’habituer à l’obscurité…

 

« Lewis ne bouge surtout pas !!! ». Qui me parle ? Je ne rêve pas. J’ai bien entendu une voix malgré ce sifflement bruyant qui me transperce les tympans. « Lewis, ne bouge surtout pas !!! » Oui, je reconnais le chuchotement de papa. Je veux tourner ma tête pour m’assurer qu’il est bien réveillé mais de nouveau je l’entends « Non Lewis, je t’ai dit de ne pas bouger !!! » Mais pourquoi chuchote-t-il ? Et pourquoi ce sifflement dans mes oreilles est-il aussi fort ?

 

« Lewis, écoute-moi !!! Nous avons peu de temps !!!  Je vais te tirer par le harnais. Laisse-toi faire même si ça risque d’être violent… » Pourquoi veut-il me tirer par le harnais, je suis bien là moi. Je n’ai pas envie de bouger moi !!! Ou veux-t ’il que j’aille, il y a de l’eau partout et je n’aime pas l’eau, il le sait pourtant. Et pourquoi dit-il que nous avons peu de temps ? « Lewis, dans ta tête uniquement, tu comptes jusque trois… A trois, je tire sur ton harnais, tu sautes sur mon dos et nous allons plonger ». Plonger ? Hein ? Quoi ? « UN » Mais je ne veux pas plonger moi, je n’aime pas l’eau !!! « DEUX » Mais je vais me noyer !!!  « TROIS !!! »

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